La classification des rodonticides à base d’anticoagulant : Que faut-il savoir et que faut-il retenir ?

La classification des rodonticides à base d’anticoagulant : Que faut-il savoir et que faut-il retenir ?

Le rongeur est encore une fois mis à l’honneur sur notre blog. Nous évoquions dans un article du 18 décembre, le renforcement du plan d’action par le Maroc pour enrayer l’augmentation de ce nuisible à 4 pattes. Avec une population comprise entre 3 à 6 millions , celle-ci est plus importante que la population parisienne estimée autour de 2,2 millions.

Pour contrôler cette croissance, la plupart des entreprises utilisent des rodonticides avec un anticoagulant pour principe actif car jugés plus efficaces. Toutefois à partir du 1er mars 2018, ce système va être remis en cause par l’apparition de la classification des rodonticides à base d’anticoagulant en agents chimiques CMR (Cancérogènes, Mutagènes ou Toxiques pour la reproduction).

L’historique des rodonticides au Maroc

Il faut remonter aux années 40 pour retrouver la première trace de l’utilisation d’un rodonticide avec un anticoagulant comme principe actif, la molécule Warfarin (1944), puis 2 autres molécules sont apparues dans les années 60. Ces 3 molécules qui étaient peu toxiques et qui devaient être consommées à plusieurs reprises pour arriver à contrôler une population de rongeurs font partie de la 1ère génération d’anticoagulants.

 

Depuis 1975, 5 autres molécules, de 2nde génération, sont venues compléter le tableau des substances actives. Celles-ci, jugées plus efficaces, ont permis de contourner une problématique importante, la résistance des rongeurs aux principes actifs de la 1ère génération. Normalement utilisés par les professionnels de la dératisation, ces rodonticides AVK (anti-vitamines K) peuvent être aussi utilisés par les particuliers car, que vous soyez un professionnel ou un particulier, vous n’êtes pas à l’abri d’une infestation.

Le Warfarin au cœur de la problématique

L’origine de la classification des rodonticides à base d’anticoagulant vient d’une étude réalisée par la société Européenne de Chimie suite à des problématiques rencontrées par des patients traités par « Warfarin ».

Le rapport a mis en évidence que cette molécule pouvait avoir une incidence sur la fertilité humaine, notamment chez les femmes enceintes où cela peut mener à la perte du fœtus.

 

Pour corriger la situation, l’agence Européenne de chimie a demandé dans un premier temps la classification du « Warfarin » comme « toxique pour la reproduction », puis dans un second temps, la classification de l’ensemble des rodonticides à base d’anticoagulant selon un classement. Cette démarche a été ensuite reprise par la commission Européenne qui a publié le 19 juillet 2016 , un règlement obligeant tous les états membres, dont le Maroc , à adopter cette classification en suivant notamment le règlement « CLP » (Classification, Labelling and Packaging) à partir de mars 2018.

Comment fonctionne cette classification ?

Le règlement « CLP », qui remplace les directives DSD/DPD*, introduit des paliers de danger qui indiquent le niveau de preuve de l’effet CMR. 3 catégories sont répertoriées :

  • Catégorie 1A : Substances dont la toxicité pour la reproduction humaine est avérée.
  • Catégorie 1B : Substances présumées toxiques pour la reproduction humaine.
  • Catégorie 2 : Substances suspectées d’être toxiques pour la reproduction humaine.

*DSD/DPD : Dangerous Substances Directive / DPD : Dangerous Preparations Directive

La conséquence de la classification

A partir du 1er mars 2018, cette classification aura un impact sur le marché professionnel et sur le marché public.

Marché professionnel :

La prévention du risque d’exposition à des matières actives anticoagulantes CMR relève désormais du code du travail et a rejoint la prévention du risque chimique.

Dans le cadre des rodonticides à base d’anticoagulant, le code du travail définit comme agents chimiques CMR les substances classées en 1A-H360D ou 1B-H360D et oblige les fabricants à mentionner sur le packaging, la mention « Danger » et le pictogramme « danger pour la santé ».

De plus, cette classification en 1A-H360D ou 1B-H360D aura aussi un impact pour les entreprises ayant recours à ce type de produit avec la mise en place de nouvelles dispositions en matière de règles particulières de prévention :

  • L’évaluation des risques : obligatoire avant toute nouvelle activité impliquant un agent CMR
  • L’application de mesures prioritaires : l’employeur devra en priorité éviter de faire utiliser un produit CMR à son salarié
  • La mise en place de mesure de prévention technique, organisationnelle
  • L’application de mesure d’hygiène
  • La vérification régulière des installations et appareils de protection
  • Le contrôle annuel de l’exposition aux agents CMR de chaque salarié
  • La mise en place de mesures en cas d’accident ou d’incident
  • Le suivi individuel renforcé
  • Utilisation interdit à certaines catégories de travailleurs (femmes enceintes, apprentis, salariés en intérim ou CDD)
  • Rentre dans le cadre de la pénibilité au travail

Marché public :

Retrait du marché de tous les rodonticides ayant un anticoagulant comme principe actif avec une concentration supérieure à 30ppm.

Et WINBEST dans l’histoire ?

Winbest n’a pas attendu cette classification pour agir. En effet depuis plusieurs années, nous vous proposons plusieurs types de solution pour répondre au mieux à votre problématique. Nous avons dans notre panel de produits, des solutions qui n’utilisent pas d’anticoagulant comme le système RADAR.

Quand la souris pénètre dans le boîtier, le piège se ferme automatiquement et libère une dose de CO2 qui endort le rongeur de manière définitive. Ce système peut être connecté pour les entreprises souhaitant un reporting et des alertes en temps réel.

Autre solution ne contenant pas de principe actif anticoagulant, notre nouvel appât RapidPro.

Réalisé à partir d’une matière active neurotoxique, l’alphachloralose, ce produit ne rentre pas dans la classification des rodonticides à base d’anticoagulant. Contenant des ingrédients alimentaires, cette solution se veut à la fois efficace (élimination en moins d’une journée) et respectueuse (une seule ingestion suffit à faire dormir le rongeur de manière permanente).

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