Une nouvelle ère dans la lutte contre les maladies transmises par les moustiques

Une nouvelle ère dans la lutte contre les maladies transmises par les moustiques

Ces dernières décennies, de nombreuses maladies transmises par les moustiques ont refait surface pour se propager rapidement par la suite : Zika, dengue, chikungunya, etc. Même le paludisme, contre lequel ont été déployés des efforts internationaux sur le long terme, a récemment montré des signes de croissance.

Beaucoup de ces maladies n’ont pas de traitements spécifiques, et le manque de médicaments disponibles permet aux autres de résister. Les insecticides utilisés pour lutter contre les moustiques rencontrent également de la résistance. Sur de nombreux fronts, les besoins d’innovation sont donc urgents pour lutter contre ces anciennes maladies et les empêcher de se propager.

Dans des domaines divers comme la biochimie, l’entomologie, l’informatique, la physique, la robotique, les scientifiques ainsi leurs ressources pour développer de nouveaux moyens de lutte contre les maladies.

Au cœur de la lutte contre cette menace mondiale, voici quelques exemples de progrès scientifiques qui nous font entrer dans une nouvelle ère.

Des produits de nouvelle génération pour combattre la résistance aux insecticides

Ces dernières décennies, les populations de moustiques types Anopheles et Aedes ont développé une résistance contre la plupart des insecticides et larvicides utilisés dans la lutte antivectorielle. Sans nouveaux produits, cette lutte antivectorielle « est ainsi vouée à l’échec » selon l’IVCC (Innovative Vector Control Consortium).

Deux générations d’insecticides ont été approuvées par l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) en 2017. Elles sont actuellement distribuées dans les zones touchées par le paludisme pour être utilisées lors de programmes de pulvérisations résiduelles intérieures effectuées dans le cadre du projet NgenIRS. Depuis 2016, le projet a ainsi soutenu des opérations dans 12 pays africains et acheté plus de 4,85 millions de bouteilles de nouveaux insecticides.

De nouvelles odeurs pour attirer et éloigner les moustiques

mosquito image 2 - Une nouvelle ère dans la lutte contre les maladies transmises par les moustiques

Les moustiques trouvent leurs hôtes humains en détectant le dioxyde de carbone qu’ils expirent. Mais une fois plus proches, ils repèrent les sites pour s’alimenter grâce aux composants chimiques volatils dégagés par la peau humaine. Grâce à des techniques modernes de dépistage chimique, les chercheurs de l’université de Californie Riverside ont ainsi testé un demi-million de composants chimiques de leur base de données afin de déterminer ceux qui pourraient déclencher les organes sensoriels des moustiques.

En poursuivant leur étude, ils ont ensuite choisi deux composants déjà utilisés couramment et ne nécessitant donc pas de longues et coûteuses phases de tests :

  • le pyruvate d’éthyle, un aromatisant doté d’une saveur fruitée qui réduit l’attrait du moustique Aedes aegypti
  • la cyclopentanone, une saveur et un parfum à la menthe qui attire puissamment les moustiques Culex quinquefasciatus

Robotique, séquençage des gènes et cloud computing au service d’une détection précoce des maladies

Le projet Premonition développe un système ultra-perfectionné d’identification des épidémies de maladies avant qu’elles se déclarent. Il organise ainsi la capture des moustiques se nourrissant sur les animaux locaux, réservoirs potentiels de maladies, puis analyse leur ADN. Ce projet est une collaboration entre Microsoft Research (MSR) et plusieurs universités américaines.

Le projet développe ainsi :

  • des drones autonomes qui peuvent localiser les lieux d’infestations de moustiques au sein d’environnements complexes comprenant des arbres et des bâtiments
  • des pièges robotisés pour collecter et identifier les spécimens de moustiques
  • la génomique, le cloud computing et les algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser l’ADN et ARN des échantillons de moustiques

La partie génomique du projet peut déjà identifier la combinaison adéquate d’organismes (animaux, moustiques et agents pathogènes) avec une précision de 99,9%.

Relâcher des moustiques infectés par la bactérie Wolbachia

Répulsif naturel anti moustique

En juillet dernier, l’Organisation du Commonwealth pour la recherche scientifique et industrielle (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) a annoncé les résultats positifs d’un projet consistant à lâcher des millions de moustiques Aedes aegypti mâles stériles dans la Cassowary coast, une région du Queensland en Australie. Ce projet applique de nouvelles techniques développées par Verily (une entreprise appartenant à Alphabet, la société mère de Google) pour élever des moustiques à grande échelle, trier les mâles, les infecter avec la bactérie Wolbachia, puis les relâcher en grande quantité. La Wolbachia empêche en effet les femelles de produire des œufs viables.

Verily développe également un logiciel, des outils de contrôle, des capteurs et des pièges pour repérer les zones infestées où le traitement s’avère être le plus efficace. Avec une chute de 80 % des populations locales de moustiques Aedes, les premiers résultats sont donc un exemple prometteur du potentiel des nouveaux progrès scientifiques dans la lutte contre les maladies transmises par les moustiques.

Bloquer les maladies à la source

L’intestin moyen des moustiques est le principal point d’entrée de plusieurs maladies. Trouver un moyen d’y éviter les infections permet donc également d’empêcher la transmission à l’homme. Plusieurs projets de recherche dans de nombreuses disciplines se penchent ainsi sur nouvelles manières pour y parvenir :

Empêcher les infections fongiques

Aux États-Unis, les chercheurs de l’université Johns Hopkins ont découvert qu’un champignon commun, le Talaromyces, peut infecter les moustiques Aedes aegypti et les rendre plus prédisposés au virus de la dengue. Ils ont également découvert que le champignon Penicillium rendrait les moustiques Anopheles plus vulnérables aux infections du parasite du paludisme. D’après leurs recherches, des solutions antifongiques pourraient donc être une alternative potentielle aux pulvérisations d’insecticides afin de protéger les moustiques des maladies qu’ils peuvent transmettre à l’homme.

Modification biochimique de l’intestin du moustique

Une autre étude de l’Université d’État du Colorado a permis d’obtenir la première analyse complète des interactions biochimiques complexes qui peuvent se produire chez un moustique lors d’une infection du virus de la dengue sur les cellules de la muqueuse intestinale. À l’aide de la spectrométrie de masse à haute résolution, les chercheurs ont ainsi identifié diverses voies biochimiques permettant au virus de se dupliquer chez les moustiques. Ce sont désormais des cibles supplémentaires de recherche afin de trouver des solutions pour les bloquer.

Inactiver certains gènes des moustiques

Une autre équipe de chercheurs de l’université Johns Hopkins a développé une nouvelle procédure de manipulation des gènes pour les moustiques Anopheles à l’aide d’un outil nommé CRISPR/Cas9. Leur procédure inactive le gène FREP1 du moustique Anopheles qui permet au parasite Plasmodium d’infecter les cellules de la muqueuse intestinale. Une baisse significative de l’infection a ainsi été détectée chez les moustiques grâce au parasite. Des travaux supplémentaires sont cependant nécessaires avant de pouvoir les relâcher dans la nature et étudier leur impact potentiel sur la réduction des maladies transmises par les moustiques.

Nouveaux antipaludiques

Medicines for Malaria Venture (MMV) est un partenariat dans le domaine de la recherche et du développement de médicaments antipaludiques. Il dispose d’un réseau de plus de 400 partenaires répartis dans 55 pays et comprend des groupes pharmaceutiques, des instituts universitaires et des organismes œuvrant dans des pays endémiques.

Depuis sa fondation en 1999, le réseau a commercialisé sept nouveaux médicaments qui sont déjà utilisés pour prévenir et traiter la maladie. Tout récemment, en juillet dernier, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a approuvé la tafenoquine, un autre médicament produit dans le cadre du programme. Elle vise le stade hépatique dormant du parasite Plasmodium vivax et devient le premier nouveau médicament depuis plus de 60 ans pour ce type de traitement.

Le futur

Le futur de la lutte contre les maladies transmises par les moustiques est de plus en plus prometteur. Dans de nombreux domaines, les progrès scientifiques fournissent en effet de nouveaux moyens de traitement des maladies et de lutte contre les moustiques.

Dans le cadre de notre engagement pour combattre ces maladies, Winbest deratistion Initial établit un nouveau centre mondial d’excellence pour la lutte contre les moustiques, et devient la seule entreprise de lutte anti-nuisibles à disposer d’un tel établissement.

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